Pas de M'eau (opéra)

PAS DE M'EAU

 

 

Comment va la douleur? (Mots de ventre) des grands jours?

Une sensation de brûlure acide dans les humeurs aqueuses.

(Au cœur de l'humidité), le premier pas n'a pas encore vécu

la prise de conscience.

 

 

Le second pas et l'eau devient liquide.

le filet (d'eau) segmente la rue, oblige les citadins à exécuter d'étranges sauts,

Le libre jeu manipulé.

Il y a (toute une littérature) sur l'érosion du Verbe, une souffrance froide, l'eau qui (s'écoule) de notre corps, indissociable.

« Tu es liquide et tu redeviendras liquide »

Exercice de disparition des questions trop fragiles.

S'il pleuvait (des cordes), on hésiterait entre beauté et sauvagerie, entre se pendre et s'attacher.

 

 

Au troisième pas, l'eau est solide.

On peut concevoir (la forme), si imparfaite soit-elle.

Ceci n'est qu'un glaçon.

Quand on a lu Artaud, on ne s'en remet pas.

Un homme (crie):

« - La liberté d'écrire! »

Un cri pour croire encore. Je (refuse) de désespérer de vous!

Il est quelque fois nécessaire (de renoncer) à mourir...

 

 

Le quatrième pas est froid comme l'éther,

l'eau est gazeuse.

L'extraordinaire précision du diagnostic sur la vague, pousse le résultat au compromis.

L'absurde (marche) dans nos pas et souligne la vulnérabilité du temps.

Émerge le cri d'une femme:

« - Et la poésie? »

Brouillard nébuleux des partis pris.

Nous observons, nous analysons, nous attendons, nous craignons, nous admirons...La belle Matière!

Le secret des accents atteint (la sur réalité).

C'est un témoignage qu'il faut ramasser. Élément (indissociable) de l'existence de l'homme.

Photo sensible d'un métal pleurant, le retentissement intérieur (du poème).

 

 

Chaque pas éclaire la quadrature de l'eau,

dans tous ses états.

Que les scribes continuent à écrire, que (le papier) reste blanc des pleurs passagers.

L'eau trouble les sensations. On découvre l'infinité des transparences.

L'eau a ce regard qui (transperce). Elle scande le reflet des arbres sur la surface lisse.

Montée à cru, elle a soif, de sens clairs.

Les choses n'ont plus d'odeur, (les hommes) n'ont plus de visage.

Un homme dit:

 

« - Beau geste! »

 

Une femme répond:

 

« - Beau mot! »

 

On se met souvent (dans cet état) agité.

 

 

 

Avec ou sans pathos, le poète relève le défi. Il émarge dans la marge ce qu'il ne peux pas écrire entre les lignes.

 

Il y trouve (du bruit), de la rumeur, le chiffre bleu, le sujet en proie à la bienveillance, « le degré zéro de l'écriture... »

 

L'eau reste futile, qui s'écoule, que rien ne (retient), elle égare (l'imagination) et pratique la violence du dire.

 

Même si c'est encore trop peu, le poète réclame une ligne, une seule ligne.

 

Il y a le manque, le désordre, cette liberté (non soumise).

 

L'eau s'échappe.

 

Qu'importe, le poète est un évaporé, l'eau n'est qu'un prétexte à (la poésie).

 

Il expérimente l'écriture.

 

De ces maux, il (invente) son passé. Autobiographie de proximité.

 

 


Il y a au pied de cette fontaine, une herbe qui ne devrait pas être là.

 

L'angoisse donne l'objet.

 

Le marécage, de l'eau de nausée abstinente, fermente (les tournures), le style.

 

A mi-chemin des phrases entières surgissent, de l'oxygène pour ses mots.

 

(De l'inspiration).

 

Comme dans un été trop chaud, les sueurs s'entremêlent, de l'eau, encore de l'eau..Vaporisée...

 

Les poètes désormais se mettent à choisir, ils cherchent (la source) entre le corps et la plume.

 

 

La meilleure part d'eux-même rêve de lac immense et de battement d'aile qui (transporte) le son à tous les étages au plus près des hommes.

 

(Les maux) échangés, la jonglerie des rencontres, éclaboussent (la feuille) de papier.

 

 

 

Il s'agit de peau.

 

Le poète (décrit) le langage à la (recherche) du cercle parfait.



L'application du geste donne à la pensée, de l'eau.

 

 

 

Et soudain, le bruiteur dit que les rêves sont possibles.

 

 

 

ET IL DIT : Lâcher prise, prise lâchée

                                                Le travail hors champ

 

ET IL DIT : Les mots s'échappent des feuilles

                                                Demander la lune, demander la plume



ET IL DIT : Chute sans néant

                                               Le smic artistique

ET IL DIT : Peuple de statues dénudées

                                               Faire de la liberté, un caprice

 

 

ET IL DIT : Tout respire ailleurs

                                                La sagesse poétique



ET IL DIT : La beauté du geste

                                                 La beauté du son

 

 

 

 

…....................................................................Et sur la table, près du cahier fermé, un verre d'eau...Vide..